La maison «La grande caresse»

La grande caresse

Un projet de vie

Nous nous sommes très vite posé la question : qu’allons-nous faire de notre rencontre, de notre amour ? Nous avons essayé de formuler un projet de vie : être ouvert aux autres, avoir des enfants, avoir du temps et un minimum d’argent, être proche de notre nature, travailler à mi-temps pour vivre et profiter de nos enfants, pour Sylvia, continuer à jouer du piano et pour Luc, continuer à développer son travail artistique autour de la sculpture… Tout ceci nous a amenés à chercher une parcelle pour installer un atelier pour Luc et un jardin pour l’épanouissement de la famille en pleine nature. Cette ligne, nous l’avons bien tenue en l’adaptant, en la faisant évoluer selon les aléas de la vie.

Une parcelle de terre et une philosophie de vie — notre engagement

Nous avons toujours eu un lien profond avec la nature et nous respectons tout ce qui est vivant. Nous nous promenons de longues heures en pleine nature et nous nous y sentons bien de jour comme de nuit, saison après saison. Nous aimons travailler les matériaux naturels (potager, verger, sculpture, aménagement…) en nous efforçant de diminuer l’impact de nos activités sur notre environnement.

Quand nous sommes rentrés en possession de cette parcelle de terre (1990), nous nous sommes engagés à la respecter, à nous en occuper et à la transmettre aux suivants sans l’avoir trop polluée et massacrée. Nous y cultivons un potager, un verger, entretenons les espaces et les aménageons. Tout déchet est composté (herbe, feuille, ordure ménagère, toilette sèche…), nous récupérons l’eau de pluie pour l’arrosage. Nous limitons les traitements (chimique) et traitons nos plantes avec du purin d’orties, utilisons des produits respectueux de l’environnement et en quantité minimum, mais surtout nous engraissons la terre du potager avec du purin d’ortie fait sur place, utilisons notre compost et épandons du fumier tous les 2 à 3 ans. Enfin, nous récoltons ce que nous donne la parcelle, faisons des conserves et mangeons notre production, en utilisant les savoirs transmis par nos parents. Des ruches (pour la pollinisation des arbres fruitiers et le miel !), ainsi qu’un poulailler avec 4 poules, viennent compléter notre dispositif.

Nos enfants ont joué, expérimenté, observé, construit, cultivé, dégusté, développé leurs cinq sens dans ce jardin, mais ils ont aussi appris à réfléchir, penser, être critique… en s’épanouissant dans cet environnement naturel (et non virtuel).

Nous essayons de vivre en harmonie avec ce lieu, en pleine nature, avec notre conscience, à notre propre rythme, dans le calme et le silence.

Une maison bioclimatique — une maison comme outil de travail — nos choix

C’est dans cette logique que nous avons conçu notre nouvelle maison : nos choix ont suivi cette philosophie «écologique» quand en 2010-11 nous avons pu réfléchir à une nouvelle construction en lieu et place du vieux chalet.

Cette habitation a été pensée comme un outil de travail : cuisine, atelier, cellier, bucher… mais aussi comme espace pour pratiquer la musique (construite autour du piano) ou comme cadre d’inspiration créative. C’est un lieu d’habitation, mais aussi de production artistique, artisanale et agricole. Nous sommes actifs dans le fonctionnement de la maison.

Nous avons démoli l’ancien bâtiment pièce par pièce, récupéré certains matériaux que nous avons réutilisés dans la nouvelle construction (les chenaux, certaines fenêtres et portes, lambourdes, lambris, terre végétale, pierres, dalles…), d’autres matériaux ont été triés, évacuée dans des filières spécifiques.

Pour l’implantation de la maison, la disposition des fenêtres et portes, nous avons tenu compte de l’orientation des vents, de l’exposition solaire, en utilisant le terrain sans le modifier et en pensant à la forêt située en contre bas pour le chauffage d’appoint au bois. La conception de la maison est très simple : petits volumes et confort, mais sans superflu ni luxe. Nous voulions une «maison lumière» remplie de celle-ci par de grandes baies vitrées et de nombreuses fenêtres. L’espace intérieur est ouvert, avec un minimum de parois pour favoriser la circulation de l’air chaud produit par les baies vitrées et le poêle de masse. Les couleurs pastel des murs en font une «maison caméléon» ; l’ambiance varie en fonction de la lumière. Le fonctionnement de la maison (de notre mode de vie) doit consommer un minimum d’eau, d’électricité et de combustible, produire un minimum de déchets et traiter ceux-ci si possible sur place et par nous-mêmes (ossature bois, très forte isolation en cellulose, poêle de masse, ventilateur, capteur solaire thermique, toilette sèche…). Par le choix des matériaux et l’absence d’enduit, cette construction aura à sa fin de vie peu d’impact sur l’environnement (maison à 80% biodégradable).

Nous avons collaboré avec des professionnels ayant la même préoccupation environnementale que nous. Nous avons essayé de travailler «local», avec des gens «du coin», et des matériaux européens, proches de chez nous, en évitant de longs transports. Nous voulions un chantier évitant le gaspillage (le nombre juste, rendre le non utilisé…) et propre (trier et évacuer les petits déchets).

L’amitié et la confiance ont été les maîtres mots sur ce chantier participatif. Certaines étapes ont été faites par nous-mêmes, d’autre en collaboration avec des professionnels et enfin, certaines ont été assumées entièrement par différents corps de métier. Nous avons été les maîtres d’œuvre de la construction, accompagnés par des partenaires.

(Pour des informations plus précises et complètes, voir en bas de page)

Une sensation de plénitude

Nous voici en 2015, habitant dans la nouvelle maison. Une vraie sensation de plénitude nous habite. Notre objectif d’engagement «écologique» est largement atteint.

C’est une maison calme et apaisante : les bruits extérieurs sont feutrés. Notre grande découverte est l’acoustique. Le piano et la musique résonnent harmonieusement grâce aux matériaux utilisés et au volume réalisé. Les espaces sont agréables, pratiques, chaleureux et reposants. Nous sommes comblés et en harmonie !

Bientôt des capteurs solaires photovoltaïques produiront de l’électricité. C’est une maison sans chauffage ! Nous ne consommons ni mazout ni gaz ni électricité pour nous chauffer, et donc ne rejetons rien dans l’atmosphère (CO2). S’il le faut, nous brûlons du bois dans le poêle de masse comme chauffage d’appoint, mais chauffer au bois fait partie du cycle du CO2 de la nature. La combustion du bois libère en effet autant de CO2 (dioxyde de carbone) que les arbres en absorbent au cours de leur croissance. Le chauffage au bois est de ce fait neutre en termes de CO2 et ne participe pas à l’effet de serre (changements climatiques). Nous consommons peu d’électricité et peu d’eau potable, nous ne sommes pas raccordés aux égouts et traitons nos déchets organiques surplace (compost). L’habitation est presque autonome au niveau des énergies et nous pouvons presque vivre en nous suffisant à nous-mêmes (alimentation). La maison et la parcelle sont devenues des espaces pour la vie, une invitation à vivre la nature et à la travailler… lentement, favorisant des moments propices à l’observation, à la découverte, à la réflexion, à la création, à la rêverie et à la détente. Nous cherchons une vie plus simple, authentique, un esprit apaisé, un corps en phase avec la pulsion de la terre, de l’univers. Nous exprimons peut-être là notre véritable nature…

Ou peut-être que ce lieu, baptisé «La grande caresse», est devenu une simple envie de prendre le temps, loin des tumultes du monde : dépêche-toi de ralentir! C’est aussi une invitation à savourer doucement de petits et grands moments de bonheur, pour accueillir, rire et partager ce lieu avec nos amis.

La grande caresse nous incite à redécouvrir nos racines et vivre ce lien profond qui nous unit à la terre et au vivant.

Avusy, novembre 2015 Luc et Sylvia TIERCY

Plus précisément, la maison est construite comme suit :


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